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A lire, à voir ! 

 
On sait à quel point littérature et cinéma ont joué un rôle majeur dans la construction de fausses croyances sur la schizophrénie. Mais depuis quelques années, des artistes et auteurs s’efforcent de renverser les représentations.

C’est le cas de Véro Cratzborn et de Gringe - Guillaume Tranchant de son vrai nom - qui nous livrent leur intimité aux cotés d’un proche qui souffre de schizophrénie.


Gringe EnsembleEnsemble, on aboie en silence, de Gringe.

Editions HaperCollins.
"En 2001, Thibault est diagnostiqué schizophrène. À cela, un Chevalier Lumière ne peut rien.
Sa bascule, il fallait la raconter. Et aussi la culpabilité, les traitements, la honte, les visions, l’amour, les voyages, les rires, la musique et l’espoir."


Notre interview de Gringe

 

La Forêt de mon père, un film de Véro Cratzbron

En salle actuellement.


L'avis de Bénédicte, du Collectif Schizophrénies 

Véro Cratzborn filme une histoire de famille, ni tout à fait la sienne ni complètement une autre alors que Gringe nous embarque dans un récit intense écrit à quatre mains qui convoque les voix de son frère Thibaut.

Dans le film de Véro « La forêt de mon père », Gina est une adolescente qui cherche désespérément à ramener son père à la maison tandis que dans son livre « Ensemble on aboie en silence » Gringe essaie de ramener son frère à la raison. Tous les deux ont en commun de ne jamais rien lâcher.
Ils assistent lentement impuissants à la métamorphose de leur proche qui deviendra pour eux une autre personne difficile à comprendre.

À travers leurs récits, ils nous confient des moments mémorables, drôles, éprouvants, souvent tristes.
La maladie restreint les activités essentielles de la vie, le sommeil, l’alimentation et le travail. Elle bouleverse la souplesse des liens sans laisser de place à la spontanéité. L’étrangeté du frère ou du père entraîne une perte de repère pour chacun des membres d’une famille. 
La personne qui souffre de schizophrénie est tellement happée par ce qu’elle vit et ressent qu’elle recentre tout l’intérêt dans la famille ; les autres peuvent se sentir oubliés. Comme Gina et Gringe ils portent la lourde tâche de protéger leur proche du regard des autres. Face à cela, les enfants sont perdus, la culpabilité s’installe et les interrogations se bousculent : « Pourquoi lui et pas moi ? », « Est ce que je suis comme lui ? » « Ai-je le droit d’être heureux alors que lui souffre ? ».

Autant de questions laissées sans réponses au travers de ces deux récits, comme si finalement les enfants ne comptaient pas.
Sans explication, l’incompréhension peut mener à des situations extrêmes, la haine, la violence, la séparation. Il faut prendre le temps d’accueillir la souffrance des enfants, des frères et sœurs et leur apporter des réponses.

Avec le Collectif Schizophrénies Gringe a rencontré le chercheur Boris Chaumette qui étudie la génétique dans les schizophrénies à l’INSERM et découvert que celle-ci tient une part non négligeable dans ces maladies ; de la culpabilité en moins, certes, mais les questions restent tenaces… « Si on n’avait pas fait ça » ?
Des soutiens, ateliers et conférences, formations existent, poussés par les associations mais ils sont peu nombreux par rapport au nombre de proches adultes et enfants touchés, environ 3 millions pour les schizophrénies.

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