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Le rétablissement : ce n'est pas un conte de Noël !

julie sur scene

Pour le lancement du portail du Collectif Schizophrenies en décembre 2017, Julie nous avait fait l’amitié de prendre la parole et de témoigner de son parcours dans une vidéo « On m’avait condamnée, Ils m’avaient condamnée … Je ne veux pas être recondamnée ».
Aujourd’hui, membre de notre Collectif, Julie confie sa longue histoire à son amie Mia Ma, qui l’a filmée pendant 5 ans, pour livrer un long métrage documentaire sous le titre « Fréquence Julie ».


« Fréquence Julie » primé au Festival des Écrans Documentaires

Ce film, présenté en première française au Festival des Ecrans Documentaires d’Arcueil, a reçu le 21 novembre 2021 le Prix des Ecrans Documentaires pour « sa pudeur, sa générosité et le message d'espoir qu'il porte ». Une  Mention spéciale catégorie Premier long métrage, lui a également été décernée au Sheffield Doc Fest 2022.

Mia Ma raconte : « Un jour, Julie a entendu des voix qui la menaçaient. Des médecins lui ont fait des électrochocs, des marabouts ont tenté de l’exorciser, elle a avalé plein de médicaments, bu tout un tas de potions, passé des jours à l’hôpital et de longues heures enfermée chez elle à tenter d’oublier le passé et d’imaginer l’avenir. Administrativement parlant, elle est depuis sa première hospitalisation une handicapée mentale à 80%.  A mes yeux, elle est une amie précieuse, une âme sensible, une combattante qui a décidé qu’elle ne ferait pas « une carrière de victime. Ensemble, nous plongeons dans son passé et nous y découvrons l’histoire d’une héroïne. »

Découvrez la bande-annonce de "Fréquence Julie" ci-dessous. Le film sera diffusé à Paris les 10 et 14 octobre 2022, puis à Saintes le 18 octobre. Pour connaître toute la programmation rendez-vous sur https://frequencejulie.tumblr.com




L'avis de Bénédicte, du Collectif Schizophrénies 

julieLe documentaire de Mia Ma est un pur chef-d’oeuvre. Elle ose l’exercice difficile de suivre une amie pendant 5 ans en ouvrant son documentaire par une hospitalisation dans un hôpital psychiatrique parisien.

À aucun moment à travers le récit de Julie il n’y a de l’impudeur. Au fil de ce documentaire, Mia Ma abonde en plans serrés sur Julie qui se révèle une actrice de talent. Face à la caméra, outrageusement sédatée, Julie ose se montrer, grossie par les neuroleptiques, fumant clopes sur clopes, triste et dépitée par une situation qu’elle supporte mal ...puis d’un coup, une grimace elle nous fait les gros yeux, elle nous fait rire ! Un moment de grâce !

La caméra ne lui fait pas peur, c’est le moyen pour elle de s’exprimer librement avec humour en nous laissant deviner une colère sourde qu’elle ne cherche pas à alimenter. C’est l’histoire d’une femme avec un trouble de schizophrénie qui nous déchiffre généreusement ses expériences, sa manière d’agir pour s’auto-soigner et se déconcentrer des voix qui la menacent.

Le documentaire avance, Julie demande pardon à Jules, son frère jumeau, pour ses débordements, ses addictions, une scène magnifique assis tous les deux dans un canapé sur fond bleu. Comment ces deux êtres peuvent avoir tant d’humour et de détachement quand on connait leur histoire ?

Puis on entre dans une autre séquence du film, proche de la fin. Julie aborde avec courage les mauvais traitements qu’ils ont endurés, elle et son frère, dans leur première famille d’accueil. Un placement voulu par une assistante sociale et non par leur mère.

Un sujet tristement actuel, le social, le tabou, le silence et l’impunité d’un criminel. Julie ne comprendra jamais pourquoi cet homme est rendu libre après son jugement. Comment la parole de deux jeunes adolescents a-t-elle été invalidée par la justice ?

Julie parle de l’amour de son entourage qui l’aide énormément, également de la franchise d’un frère qui ne laisse pas de place à la mauvaise foi, à la victimisation.

Julie sort à nouveau, elle danse et rencontre un homme. Quelques temps plus tard, ils préparent l’appartement pour l’arrivée de leur fils.

Rien de tout cela ne lui était promis. On lui avait dit qu’elle n’aurait jamais d’enfant.

C’est l’histoire d’une amitié précieuse, d’une confiance réciproque, d’un risque à deux, le rétablissement de Julie n’était pas écrit, il y a 5 ans ».
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